Transférer son argent vers Israël pour acheter : l’étape que les acheteurs francophones sous-estiment
Publié le 10/10/2026
Beaucoup d’acheteurs francophones préparent leur achat en Israël dans le bon ordre : ils choisissent une ville, visitent, négocient le prix, calculent la taxe d’acquisition. Puis, au moment de payer, ils découvrent le vrai obstacle : faire entrer l’argent en Israël. Ce n’est pas une formalité, et c’est aujourd’hui la première cause de retard sur une transaction.
**Pourquoi la banque bloque l’argent qui arrive**
Depuis plusieurs années, Israël a resserré ses règles de lutte contre le blanchiment de capitaux. Concrètement, lorsqu’une somme importante arrive de l’étranger, la banque israélienne ne la verse pas directement sur votre compte : elle la place sur un compte de transit et la retient tant que vous n’avez pas prouvé l’origine des fonds (le fameux « Source of Funds »). Tant que ce dossier n’est pas accepté, l’argent ne bouge pas, et la vente ne peut pas se conclure.
En parallèle, la banque transmet un signalement automatique à l’Autorité israélienne de lutte contre le blanchiment de capitaux pour ce type d’opération. Ce n’est pas un soupçon dirigé contre vous : c’est la procédure normale, qui s’applique à tout le monde.
**Ce que la banque vous demandera**
Préparez, avant même de signer, un dossier qui répond à une seule question : d’où vient cet argent ? Selon votre situation, cela peut être la vente d’un bien en France, un héritage, une épargne constituée au fil des années ou des revenus professionnels. La banque veut l’identité de la personne qui envoie les fonds, les justificatifs de leur origine, et souvent la preuve que ces sommes ont bien été déclarées au fisc de votre pays de résidence.
Un point surprend souvent : la banque peut interroger des fonds déposés il y a des années, dont l’origine n’avait jamais été vérifiée à l’époque. Si elle n’est pas convaincue, elle peut refuser d’exécuter le transfert. D’où l’importance de reconstituer l’histoire de cet argent avant qu’on vous la demande, pas pendant.
**La retenue de 25 % que l’on oublie**
Autre règle que peu d’acheteurs connaissent : en vertu de l’article 170(a) de l’ordonnance israélienne de l’impôt sur le revenu, lors d’un paiement vers un résident étranger, la banque peut être tenue d’appliquer une retenue à la source de 25 % sur le montant. Un dossier bien préparé, avec les attestations fiscales adaptées, est précisément ce qui permet d’éviter ou de récupérer cette retenue. Négligé, c’est un quart de la somme qui peut rester immobilisé.
**Deux réflexes simples**
Le premier : faire passer l’argent par un compte bancaire israélien agréé, jamais de la main à la main ni par un circuit informel. C’est la seule voie conforme aux règles anti-blanchiment, et la seule que le notaire et le vendeur accepteront.
Le second : commencer ce dossier tôt. Comptez environ soixante jours avant la signature pour réunir les justificatifs, les faire traduire si besoin et obtenir le feu vert de la banque. Un acheteur qui s’y prend la veille de signer prend le risque de perdre son bien pour une raison purement administrative.
Chez BH Nadlan, nous accompagnons chaque client francophone sur cette étape avant même la recherche du bien : réunir les bonnes pièces, parler la langue de la banque israélienne et éviter que l’argent reste bloqué le jour où tout doit se jouer.
Source : synthèse des règles bancaires israéliennes de lutte contre le blanchiment de capitaux et de l’article 170(a) de l’ordonnance de l’impôt sur le revenu, octobre 2026.