Rénovation urbaine en Israël : la fin du Tama 38 relance la production de logements neufs
Publié le 14/10/2026
Pendant vingt ans, le plan national Tama 38 a été le moteur de la rénovation du parc immobilier israélien. Le principe était simple : on renforçait un immeuble ancien contre les séismes, on lui ajoutait des étages, et les copropriétaires récupéraient un bâtiment remis à neuf. Ce dispositif a expiré au printemps 2026. Pour un acheteur francophone qui suit le marché israélien, la vraie question devient : qu'est-ce qui le remplace, et où se trouvent désormais les logements neufs ?
La réponse n'est pas un nouveau plan national unique, mais une mosaïque de programmes locaux de rénovation urbaine, le « hithadchout ironit », pilotés ville par ville. Et les premières décisions montrent que la machine repart à grande échelle. La commission régionale d'aménagement vient d'approuver trois plans d'envergure qui, à eux seuls, représentent plusieurs milliers de logements neufs.
À Petah Tikva, c'est le plus vaste. Le plan de rénovation couvre environ 2.500 immeubles anciens du centre-ville, pour près de 11.000 logements neufs à l'arrivée. On ne parle plus de rénover un bâtiment isolé, mais de redessiner des quartiers entiers, avec les infrastructures publiques qui vont avec.
À Haïfa, dans le quartier de Shaprintzak, un programme déployé sur une soixantaine de dounams prévoit environ 2.350 logements, répartis dans des immeubles de 9 à 35 étages, avec des écoles et des espaces publics pensés dès la conception.
À Kfar Yona, enfin, un plan d'abord prévu pour 1.200 logements a été doublé pour atteindre environ 2.650 logements, assortis de zones commerciales et d'emploi.
Pourquoi ces décisions comptent-elles pour quelqu'un qui achète depuis la France ou la Belgique ? D'abord parce qu'elles dessinent la carte des logements neufs des prochaines années. Acheter dans un programme de rénovation urbaine, c'est viser un appartement moderne, avec parking, pièce sécurisée et normes récentes, mais dans un quartier déjà installé et bien desservi, et non en périphérie. C'est souvent le meilleur compromis entre l'emplacement et le neuf.
Ensuite parce que ces projets changent la façon de lire une ville. Une commune qui lance une rénovation d'ampleur, comme Petah Tikva ou Haïfa, prépare une transformation de son offre de logements sur dix ou quinze ans. Pour un investisseur, c'est un signal sur la direction que prend le quartier.
Un point de vigilance, en revanche, mérite d'être rappelé. L'approbation d'un plan n'est que la première étape. Entre le feu vert de la commission et la remise des clés, il s'écoule plusieurs années : il faut ensuite réunir l'accord des copropriétaires, désigner un promoteur, obtenir les permis et construire. Un acheteur étranger doit donc toujours regarder où en est précisément le projet qu'on lui présente, et non se contenter de l'annonce d'un plan.
C'est exactement le travail que nous faisons chez BH Nadlan : vérifier l'état réel d'avancement d'un programme, son calendrier de livraison et ses conditions, pour qu'un acheteur francophone sache ce qu'il achète vraiment, et quand il l'aura.
Source : Ynet, section Économie, octobre 2026.